"Marie, est-il toujours facile de rendre grâce ?" : Homélie de Mgr Lagleize lors de la messe à la Grotte


Les pèlerins des diocèses de Metz et de Luxembourg ont participé à la messe présidée par Monseigneur Lagleize à la grotte de Massabielle le 26 juillet 2017. Retrouvez ici le texte intégral de l’homélie de l’évêque de Metz sur le thème du pèlerinage Le Seigneur fit pour moi des merveilles.

Homélie de Monseigneur Lagleize :« Le Seigneur fit pour moi des merveilles. »

Voici que nous sommes invités durant notre pèlerinage à faire nôtre l’action de grâce de la Vierge Marie.

En fait, Marie proclamant son émerveillement contenait déjà le nôtre, car, portant Jésus, elle devenait mère de l’Église à venir.

Ayant quitté le Luxembourg et la Moselle, nous sommes porteurs de nos propres actions de grâce et porteurs de celles qui nous ont été confiées.

Mais est-il toujours facile de rendre grâce ? Certaines et certains d’entre nous sont brisés par la maladie, des deuils, des séparations, des mésententes familiales…

Nous ne savons rien de la prière de Marie quand les portes des auberges de Bethléem se sont fermées devant eux et qu’il lui a fallu accoucher dans une étable.

Nous ne savons pas la prière de Marie quand Jésus est contesté. Quelle est ta prière, Marie, quand tu es là, debout au pied de la croix, et quand tu reçois le corps mort de ton fils Jésus ?

As-tu eu l’audace et le courage de redire : « Le Seigneur fit pour moi des merveilles » ?

Marie, tu sais ce qui habite le fond de nos cœurs, nos actions de grâce : « Le Seigneur fit pour moi des merveilles », et nos interrogations : « Pourquoi Seigneur ? pourquoi à moi, à nous ? ». En fait, frères et sœurs, la Bible est traversée par ces deux attitudes ; pour celles et ceux d’entre nous qui aimons prier les psaumes, nous découvrons cette alternance d’action de grâce et de questions vers Dieu, voire de révolte.

Lourdes, et particulièrement la grotte, est l’un des lieux privilégiés où nous pouvons laisser nos cœurs aller où se mélangent action de grâce, questionnement et révolte.

Bernadette ici-même a connu la joie indicible de rencontrer la Vierge Marie et ici même, elle a été l’objet de défiance, de quolibets.

À Luxembourg, nous aimons aller vers Marie et l’invoquer sous ce beau titre de « Consolatrice des affligés ». Ainsi, Marie nous est donnée comme le plus beau fruit de l’Esprit Saint, lui qui est le Consolateur.

Marie éclaire le chemin des disciples-missionnaires que nous sommes pour communiquer cette force de consolation, cette force de l’action de grâce.


« Le Magnificat, c’est le cantique de l’espérance, le cantique du peuple de Dieu en marche dans l’histoire […] L’Église le chante encore aujourd’hui et elle le chante partout dans le monde. Ce cantique est particulièrement intense là où le corps du Christ souffre aujourd’hui la Passion. Où il y a la croix pour nous chrétiens, il y a l’espérance, toujours. S’il n’y a pas d’espérance, nous ne sommes pas chrétiens. C’est pourquoi j’aime dire : ne vous laissez pas voler l’espérance. Qu’on ne nous vole pas l’espérance, parce que cette force est une grâce, un don de Dieu qui nous porte en avant, en regardant le ciel. Et Marie est toujours là, proche de ces communautés, de nos frères, elle marche avec eux, et elle chante avec eux le Magnificat de l’espérance. »

(Pape François, Homélie, 15 août 2013)

Amen.

  • Jean-Christophe LAGLEIZE

Évêque de Metz

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